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LES BOLS COREENS AU JAPON
Par Dauphine Scalbert
Article écrit pour la
Culture Coréenne, 28 novembre 1995 (n°41)
Articles écrits par Dauphine Scalbert


L’excellence de la poterie coréenne est reconnue bien au-delà des frontières de la Corée ; celle-ci a captivé à tel point les esprits japonais qu'elle a profondément influencé leur sens esthétique et même modifié, à plusieurs reprises, l'histoire de la céramique dans l'archipel.

Au cours du XW siècle, le rituel de la cérémonie du thé s'est éloigné de la sophistication liée à l'influence chinoise avec l'usage des précieux bols tenmoku et céladons. Lors de l'unification du Japon sous la poigne d'Oda Nobunaga, la cérémonie du thé s'institutionnalisa et de grands maîtres firent école, tels Murata Juko qui introduisit les objets coréens dans la cérémonie, ou Takeno Joo l’auteur de ces mots : « il est important que le maître du thé mène la vie simple de l'ermite et comprenne le sens de la Loi du Bouddha», ou bien encore Rikkyu qui diffusa leur enseignement, notamment par sa position influente de maître du thé auprès de Hideyoshi. Ils formalisèrent les concepts du thé wabi basés sur l'humilité, la simplicité, la contemplation de la nature. Le bol porteur du sens de la communion, du partage, et instrument central de la cérémonie, cristallisa l'essentiel de la recherche esthétique de ce culte du thé.

Dans les annales du thé, premièrement on est faite de l'usage d'un bol coréen lors d'une cérémonie à Kyoto en 1537 ; depuis lors, les bols coréens, Korai Chawan, devinrent des objets recherchés, loués, Qlorifiés et thésaurises pour leur dynamisme et leur vigueur, dénués de toute sophistication. Les marchands de Sakai (maintenant Osaka), en rapport, à l'époque, avec le Sud de la Corée, importaient ces bols très prisés par l'aristocratie japonaise.

Celui qui a voyagé dans les montagnes coréennes peut aisément comprendre que c'est là et nulle part ailleurs qu'ont été créés ces objets rustiques et simples, par des potiers-paysans s'en servant pour leur ration de riz quotidienne. Ces bols expriment la force tranquille et le dur labeur de l'homme qui maîtrise humblement les éléments, terre et feu ; ils sont si proches de la nature qu'ils semblent en avoir surgi sans artifice. Le culte du thé était devenu un rite tout à fait important de la vie sociale de l'époque. Il fut lié à des événements aussi dramatiques que l'invasion japonaise de la Corée (1592- 1597), appelée aussi «guerre des potiers», et à l'expatriation de très nombreux potiers coréens vers le Japon.

Pour les seigneurs féodaux japonais, la cérémonie du thé représentait un moment de tranquillité, de communion avec la nature, et aussi de communication avec des alliés ou des rivaux ; il fallait, a l'époque, déposer les armes pour pénétrer dans la pièce où se déroulait la cérémonie. Ce rite social influait sur les ententes et les alliances entre hommes politiques. C'est ainsi que le maître de thé, Sen no Rikkyu, qui avait été au service d'Oda Nobunaga puis de Toyotomi Hideyoshi, a eu un rôle important de conseiller politique. Par ailleurs, les cadeaux de précieux ustensiles, utilisés lors des cérémonies du thé, pouvaient prendre la valeur de gestes symboliques, de faveur ou de soumission, et la participation à une cérémonie devenait, en certainesoccasions, un geste diplomatique. Rikkyu fut néanmoins un médiateur pacifiste : certains pensent même que c'est à cause de son opposition à l'invasion de la Corée que lui fut donné par Hideyoshi l'ordre de mettre fin à ses jours (1591).

Le Japon unifié, Hideyoshi pouvait préparer l'invasion de la Corée. Il eut recours, pour former son armée, aux seigneurs des provinces récemment soumises, pour la plupart situées à Kyushu. Ces daimyos étaient avides d'avancement et désireux de se procurer en Corée des ustensiles précieux pour le thé, des bols dont la possession leur conférerait le prestige qu'ils n'avaient point encore, à cause de leur éloignement du pouvoir central de la capitale.

Les invasions laissèrent la péninsule coréenne dans un tel état de dévastation que de nombreuses années de misère et de disette s'ensuivirent. Les chefs de l'armée japonaise emmenèrent de force de très nombreux potiers, ainsi que leurs familles, afin que ceux-ci pussent produire sur place les poteries dont ils possédaient les secrets techniques et esthétiques.

Compte tenu de l'influence coréenne et de l'importance du renouveau de la poterie de Kyushu au XVI I" siècle, le nombre de potiers coréens installés au Japon a dû être considérable. L'exemple le plus significatif est celui des 80 potiers capturés après la sanglante bataille de Namwon, et emmenés avec leurs familles dans la région de Kagoshima où ils fondèrent la tradition de la célèbre céramique de Satsuma. Ces artistes coréens ont gardé leur langue et leurs coutumes malgré des siècles d'implantation en terre étrangère.

Un autre groupe de potiers fonda les fours de Karatsu. Parmi eux, Yi Sam-pyong acquit une immense renommée, car, après avoir découvert les gisements de kaolin d'Arita, il initia au Japon la production de porcelaine.
Arita est aujourd'hui une ville nu l'on dénombre 200 fours de potiers et où l'on se recueille devant le monument érigé à la mémoire de Yi Sam-pyong. Les tessons du XVII" siècle qui y ont été découverts lors de fouilles archéologiques sont des fragments de vaisselle semblable à celle de Kwang-ju (Kyong-gi Do), une porcelaine blanche décorée au cobalt.
Les fouilles archéologiques sont des fragments de vaisselle semblable à celle de Kwang-ju (Kyong-gi Do), une porcelaine blanche décorée au cobalt.

Les fours construits par les immigrants étaient la fidèle réplique de ceux de Kwang-ju ; l'introduction au Japon de fours à plusieurs chambres y entraîna de grands progrès techniques, car ces fours permettaient un meilleur contrôle de la température de cuisson, d'où la possibilité de cuissons d'émaux plus riches et plus variés.

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Les Coréens importèrent encore Ï'üçage de leurs tours à pied plus efficaces que les fours manuels utilises alors au Japon. Les textes historiques concernant les potiers coréens au Japon sont rares, mais il est clair que de nombreuses' familles furent contraintes d'y émigrer, les conditions de vie étant beaucoup plus favorables que dans leur pays ruiné. Le potier y était alors considéré avec respect, et le produit de son travail fort estimé. Par contre, il devait subir l'envie et parfois les sévices de ses pairs japonais, pour lesquels les Coréens étaient des concurrents trop difficiles à égaler.
Après cette immigration massive de potiers coréens au Sud-Ouest de l'archipel, l'influence des nouveaux fours, Arita, Karatsu, Satsuma, Hagî-, se fit sentir dans tout le pays ; les potiers allaient désormais étudier à Kyushu plutôt qu'à Seto (le grand centre de la céramique au Japon), et le terme Karatsu mono remplaça celui de Seto mono pour designer communément la poterie.
Les Coréens fabriquaient, à l'époque, à la fois la vaisselle quotidienne et la vaisselle précieuse des nobles, ou celle de la Cour, avec un esprit libre et spontané. Mais, leurs créations les plus originales et les plus admirées par les esthètes japonais restent 4 les boisa thé. Les bols les plus célèbres recevaient un nom ; ils étaient répertoriés dans les annales du thé et passaient de main en main suivant un rituel savant.
Au début du XVII" siècle, la moitié des bols utilisés au Japon, lors des cérémonies rapportées dans les annales du pays, étaient coréens. Ils étaient, en ce temps-là, classifiés suivant leur forme, leur texture, leur couleur, leur technique de décor. Voici les plus courants d'entre eux : Bol IDO : II est profond, de couleur crème, le pied en est haut et bien dégagé, toumasé d'un geste rapide avec un couteau de bambou, ce qui laisse paraître la texture de l'argile sur laquelle l'émail prend l'aspect de «peau de requin». C'est le bol coréen le plus aimé et le plus recherché par les Japonais.
Bol MISHIMA : Son décor imprimé et incrusté d'engobe blanc rappelle l'impression rythmée de l'almanach japonais. D'origine controversée, le terme «mishima» est néanmoins utilisé jusqu'en Occident pour désigner un décor d'engobe blanc sur fond plus foncé.
Bol HAKEME : L'engobe blanc est brossé d'une manière rapide et énergique sur le bol d'argile ferrugineuse avant qu'il ne soit sec, pour obtenir un contraste dynamique de matière et de couleur. La paille de riz est, de nos jours, encore utilisée pour confectionner les pinceaux nécessaires à ce type de décor.
Bol KOHIKI : Le bol d'argile foncée est trempé dans l'engobe blanc et liquide. Sur sa texture claire et douce, apparaissent les traces de l'usage et du temps.
Les adeptes du thé ont fait fabriquer des bols exprimant l'esprit wabi dans leur pays, et même en terre coréenne. Mais ces bols, exécutés sur commande, n'ont pas l'authenticité des poteries coréennes utilitaires de la dynastie Yi. Celles-ci avaient attiré, il y a bien longtemps, la conscience esthétique des maîtres du thé japonais par leur spontanéité libre de toute convention, produit d'une expression inconsciente et naturelle. Peut-être eussent-elles été per- dues à tout jamais si l'œil averti d'hommes de génie tels Sen no Rikkyu, ne les avait tirées de l'oubli.

Dauphine Scalbert








"Bols coréens au japon", Article écrit pour la Culture Coréenne, 1995. histoire de la céramique, de la cérémonie du thé coréen, tenmoku, céladons, maîtres coréens: Murata Juko, Takeno Joo, Rikkyu..., objets rustiques et simples, potiers-paysans, éléments: terre et feu, culte / communion des bols, potiers (poteries) employant des techniques, de l'esthétiques, selon les tradition / coutumes Satsuma, (artistes), Fours Karatsu, porcelaine, tessons, vaisselle, bleu de cobalt, chambres à haute température, cuisson avec des émaux, tournage au tour à pied, Karatsu-mono , Seto-mono, créations selon la forme, la texture,la couleur, des décor, type de bols aimés en corée: bol-IDO, Bol-MISHIMA, Bol-HAKEME, Bol-KOHIKI... argile, engobe. Dauphine Scalbert dirige Terres Est-Ouest, TEO, (Est, Ouest), à lain, dans l’Yonne, 89, en Bourgogne, France, le centre de formation propose un concours Puisaye Forterre, des expositions (ExpoLain) et de l'art. "Bols coréens au japon", Article écrit pour la Culture Coréenne, 1995. histoire de la céramique, de la cérémonie du thé coréen, tenmoku, céladons, maîtres coréens: Murata Juko, Takeno Joo, Rikkyu..., objets rustiques et simples, potiers-paysans, éléments: terre et feu, culte / communion des bols, potiers (poteries) employant des techniques, de l'esthétiques, selon les tradition / coutumes Satsuma, (artistes), Fours Karatsu, porcelaine, tessons, vaisselle, bleu de cobalt, chambres à haute température, cuisson avec des émaux, tournage au tour à pied, Karatsu-mono , Seto-mono, créations selon la forme, la texture,la couleur, des décor, type de bols aimés en corée: bol-IDO, Bol-MISHIMA, Bol-HAKEME, Bol-KOHIKI... argile, engobe. Dauphine Scalbert dirige Terres Est-Ouest, TEO, (Est, Ouest), à lain, dans l’Yonne, 89, en Bourgogne, France, le centre de formation propose un concours Puisaye Forterre, des expositions (ExpoLain) et de l'art.